Entretien

 Sylvain Allano, Directeur scientifique chez PSA

 

Monsieur Allano, vous êtes à l’origine de la création de ce doctorat exécutif. Quelles en sont les spécificités ?

 Le doctorat exécutif est un programme doctoral qui s’adresse à des ingénieurs et managers confirmés ayant au moins 5 ans d’ancienneté dans le groupe. Les doctorants exécutifs sont sélectionnés après avoir proposé un projet doctoral impliquant un laboratoire de recherche académique relevant de l’UPMC, construit autour d’un programme de recherche défini conjointement avec un directeur de thèse habilité par l’IFD et la Direction scientifique du groupe.

Le doctorant-ingénieur va avoir deux facettes de vie professionnelle. Il va continuer à assumer ses responsabilités, par exemple de manager de terrain ou d’expert, tout en menant à bien son projet doctoral personnel. Pour se consacrer à ce projet, il dispose de l’équivalent d’une journée libre par semaine. C’est pourquoi les candidats à ce programme doivent posséder une grande capacité de travail, une volonté de réussir et une forte motivation. Par contre, nous allons veiller à ce que le sujet doctoral soit en « résonance » avec le domaine de travail quotidien du doctorant.

 

Les avantages par rapport à un doctorant en formation initiale ?

La bibliographie est déjà faite. Le doctorant exécutif avec son expérience professionnelle, va aussi gagner du temps car il a acquis une grande efficacité de travail.

 

Comment se fait la sélection au sein de l’entreprise ? La demande vient-elle des salariés ?

Pour Louis Augustin, notre premier candidat au doctorat exécutif, il s’agit d’une candidature spontanée.  Dès qu’il a entendu parler du projet de doctorat exécutif, il s’est déclaré partant pour l’expérience.

Pour les candidats suivants, la procédure va être formalisée. Un processus de collecte des expressions d’intérêt pour intégrer le programme de doctorat exécutif, de sélection et de validation des demandes va être mis en place et impliquer les managers et la Direction scientifique.

En septembre prochain, le comité de pilotage prévu par l’accord de création du programme aura lieu entre notre groupe et l’IFD pour faire l’examen des candidatures. Nous avons déjà une dizaine de candidats. Nous leur avons demandé au préalable de construire une proposition, prendre contact avec une école doctorale et un directeur de thèse et de définir les premiers contours d’un sujet de recherche doctorale.

 

Comment est née l'idée de ce nouveau dispositif ?

En tant que directeur scientifique, j’ai rapidement pris conscience du haut potentiel de nombre des ingénieurs de recherche du groupe, qui tout en étant issus des grandes écoles françaises, n’ont pas de doctorat. Leur activité professionnelle se rapproche sur certains points de celle de chercheurs académiques. Pour la plupart de ces ingénieurs de recherche, l’absence de doctorat ne pose pas en soi de problème dans la réalisation de leurs missions.

Il n’en est pas de même pour certains d’entre eux conduits à travailler dans des projets de recherche internationaux et qui constatent que leurs interlocuteurs sont pratiquement tous titulaires d’un doctorat. Par ailleurs, pour ceux amenés à participer à l’encadrement de doctorants, il n’est pas toujours aisé d’assurer cette mission lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes titulaires de ce grade. Après avoir fait ces constatations, j’ai étudié l’offre potentielle en matière de doctorat exécutif et je n’ai rien trouvé.

C’est pourquoi, nous avons souhaité en créer un. Pour cela, un établissement académique partenaire était nécessaire. Le choix était totalement ouvert… Un premier réflexe aurait bien été de travailler avec une école d’ingénieurs ou un groupement d’école, mais cela n’aurait pas donné à nos ingénieurs candidats doctorants, l’opportunité de connaître une vraie ambiance universitaire au croisement de nombreuses disciplines dépassant le seul cadre des sciences de l’ingénieur.

Lors du dîner RUE 2010, j’ai rencontré Jean Chambaz qui a tout de suite adhéré à notre démarche. J’ai alors trouvé notre premier partenaire universitaire, l’UPMC, là même où j’ai soutenu mon doctorat d’Etat en 1987.

 

Quels sont les avantages de travailler avec l’UPMC ?

L’UPMC est l’institution académique française au meilleur rang dans le classement de Shanghai. Sa réputation scientifique dépasse largement nos frontières et elle est bien connue en Chine, pays d’intérêt stratégique pour notre groupe. Par ailleurs, le fait qu’elle soit membre fondateur du PRES Sorbonne Universités est un autre atout. Sorbonne est une des seules « marques » universitaires françaises connue et reconnue aux USA et dans le monde.

 

 

30/07/15